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Cheminer vers la sobriété, y accéder et vivre au mieux

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Onze témoignages : L'alcool est solitaire, pas l'abstinence

« Alcool : de l'esclavage à la liberté », Serge Nédélec, Philippe Batel : L'alcool est solitaire, pas l'abstinence  Le Quotidien du Médecin 22/10/07

 

 

Onze témoignages

L'alcool est solitaire, pas l'abstinence

FEMMES et hommes sortis du stade actif de la maladie de quelques mois à plusieurs décennies (quarante ans pour l'un d'entre eux), décrivent leur descente aux enfers, leur prise de conscience du naufrage et leur sevrage, la vie sans alcool. Loin des caricatures de l'ivrogne insortable, misérable et marginal, ces portraits montrent à quel point la dépendance à l'alcool peut s'installer sournoisement, à quel point le sevrage et l'abstinence sont des chemins tortueux et pavés d'embûches. Philippe Batel, psychiatre qui dirige l'unité de traitement ambulatoire des malades addictologiques (UTAMA) de l'hôpital Beaujon, à Clichy, analyse les mécanismes à l'oeuvre dans la mise en place de chacune de ces dépendances et commente ces cheminements vers l'accès aux soins.

Chacune de ces histoires est bien sûr très différente des autres, trajectoire personnelle, milieu d'origine, formation professionnelle, accidents de la vie, même si certaines caractéristiques semblent mieux partagées, fragilité émotionnelle, banalisation de la consommation d'alcool dans l'enfance, par exemple. Certains ont d'autres dépendances (autres toxiques) ; un des témoignages est celui d'un couple de « codépendants » : lui est alcoolique, elle, abstinente mais codépendante de l'addiction de son compagnon. Quelles que soient les spécificités de chacun, la trajectoire est souvent la même, celle que raconte Jacques-Marie : de l'alcoolisation festive et épisodique à la dépendance jusqu'au moment «où il faut se débarrasser de tout ce qui s'interpose entre soi et la bouteille. Quand on a été alcoolique dépendant, on a franchi une limite et, après, il faut en faire son histoire, on ne revient pas en arrière.» Mais le chemin est escarpé pour sortir de ce qui, à lire ces témoignages, est vraiment un enfer dont les rescapés ne sont pas si nombreux : un an après le traitement de la dépendance, un tiers des sujets rechutent, un tiers sont en rémission partielle et un tiers en rémission totale, rappelle Philippe Batel.

A chacun ses moyens. L'idée du livre revient à Serge Nédélec, journaliste et lui aussi ancien patient du service de l'UTAMA, où il a créé et anime aujourd'hui un groupe de parole. Son objectif, outre un témoignage de reconnaissance vis-à-vis de tous ceux qui l'ont aidé à sortir la tête hors de l'eau, était de montrer l'éventail des recours et des aides disponibles. Ces témoignages de personnes qui ont connu des troubles importants d'alcoolisation et qui ont, chacune à son rythme, trouvé une voie pour s'en libérer, sonnent juste. Ils montrent bien qu'il est possible d'être simplement buveur excessif pendant longtemps avant de devenir alcoolodépendant, réalité souvent obérée. Ils soulignent aussi de manière convaincante la première réalité s'imposant à tout malade alcoolodépendant désireux de se soigner : l'abstinence totale et définitive est l'unique chemin pour parvenir à reconstruire un nouveau mode de vie. Pas de recette magique, mais des moyens divers à privilégier, des alliés et des soutiens à choisir selon la personnalité de chacun : traitements médicamenteux, groupes de paroles, associations d'anciens buveurs, psychothérapies. «Le malade alcoolique a sans cesse besoin d'être rassuré sur le fait qu'il ne lutte pas tout seul contre l'alcool», écrit Serge Nédélec, qui affirme aussi que, s'il n'y a pas de drogués heureux, il existe indubitablement des abstinents qui le sont. Le plus difficile, mais aussi la seule garantie de réussite, étant bien sûr de trouver un autre but à sa vie que la recherche d'alcool ou de drogue.

La seconde partie de l'ouvrage propose des conseils, recense les ressources disponibles, expose les points pour repérer l'usage nocif d'alcool, dont rappelle, Philippe Batel, l'évolution logique pour le consommateur est l'évolution vers l'alcoolodépendance. La France, souligne-t-il, compte cinq millions d'alcoolodépendants et buveurs excessifs ; 30 % des accidents mortels de la circulation sont le fait de l'alcool, ainsi que de 10 à 20 % des accidents du travail.

Un ouvrage à recommander aux patients victimes de troubles de l'alcoolisation et à leur entourage.

> Dr CAROLINE MARTINEAU

« Alcool : de l'esclavage à la liberté », Serge Nédélec, Philippe Batel, éditions Demos, 266 pages, 20 euros.

 

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L
Merci pour cet ouvrage...et puis aussi indirectement, merci au site Amazon qui m'a fait découvrir par hasard "Alcool: de l'esclavage à la liberté"...enfin par hasard, pas vraiment, cela fait bien longtemps que Amazon sait que j'ai deux passions dans la vie, l'une saine -l'opéra- et l'autre toxique- l'alcool-. Amazon me relance régulièrement dans ces deux domaines.- Nous savons que vous possédez déjà un livre de Philippe Batel. Etes-vous au courant qu'il en a écrit un autre?- oui je sais Amazon, je ne suis pas sotte, ça fait trois fois que vous m'envoyez l'info et que je l'envoie directement à la corbeille. Les livres sur l'alcool , ça va cinq minutes , j'ai envie de lire autre chose en ce moment figurez vous, j'ai envie de penser à autre chose qu'à l'alcool justement, la barbe avec l'alcool !- oui mais là, il s'agit d'un livre écrit à quatre mains avec Serge Nédélec- ah ouais, et on peut savoir qui c'est ce Serge Nédélec ?- un ancien patient de Philippe Batel.-Ah...un malade alcoolique...ça change la donne...ça change le point de vue dans l'écriture.- oui et cette fois-ci, il s'agit de récits de vie commentés, oui, vous avez bien lu, c'est au pluriel- c'est bon , je valide la commande.Ce livre a traîné pendant quelques semaines au pied de mon lit...mais quand je me suis plongée dans la lecture, je l'ai lu d'une traite, j'ai éprouvé le besoin de surligner des phrases qui résonnaient tellement fort en moi. Tous ces récits de vie, ces parcours d'acool/parcours de vie, je trouvais ça passionnant à lire,je découvrais les personnages avec empathie, compassion et oui, affection.J'étudiais avec attention et intérêt les commentaires de Philippe Batel. Je ne me reconnaissais dans aucun récit...et je me reconnaissais dans tous...pour un mot, un détail, une habitude, une conduite, une rencontre, une émotion, une souffrance.La lecture de cet ouvrage a dans un premier temps apaisé la souffrance de ma rechute, a fait disparaître ma honte, tout simplement. Cela m'a permis de déculpabiliser.Dans un deuxième temps, cela a remis de l'ordre dans mon cerveau. Beaucoup de questions, de réflexions fusaient dans tous les sens dans ma tête...Ce livre m'a apporté des réponses ou des éléments de réponse...Enfin, ce livre a contribué à me rediriger sur le chemin de l'abstinence heureuse.Alors, évidemment, je le recommande à tous vivement, parce que nous sommes tous concernés par cette maladie, de près ou de loin ...et puis aussi, tout simplement, parce que "Alcool: de l'esclavage à la liberté" se lit "comme un roman".Merci à Philippe Batel et Serge Nédélec,La Tosca,Malade alcoolique, Abstinente heureuse
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